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Serie A - Allegri, l'héritier? Version imprimable Suggérer par mail

Comme Arrigo Sacchi ou Fabio Capello, Massimiliano Allegri a remporté le titre dès sa première année sur le banc du Milan AC. Comme ses prédécesseurs, enchainera-t-il avec la Ligue des Champions, son objectif avoué pour la saison prochaine ? Berlusconi en rêve et lui donnera les moyens d’y parvenir.

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"Allegri mérite un 10 sur 10, c'est l'artisan de ce sacre", tels sont les mots employés par Gennaro Gattuso après que Milan se soit arrogé son 18e Scudetto sur le terrain de l'AS Rome (0-0), samedi soir. Un coup de force pour Massimiliano Allegri (43 ans),  sacré dès sa première année sur le banc rossonero. Avant cela, il avait fait ses gammes en Serie C et B, et deux saisons même pas complètes à Cagliari (limogé en avril 2010). Même lui semble surpris par pareille réussite. "Je ne me rends pas encore bien compte, mais c'est un très grand moment pour moi, je suis très, très heureux", a-t-il immédiatement réagi. Pourtant, il n'est pas le premier. Avant lui, Nereo Rocco, Arrigo Sacchi, Fabio Capello et Alberto Zaccheroni avaient déjà été couronnés de succès pour leurs débuts avant d'initier des cycles victorieux. A Milan, on espère désormais qu'il prendra le même chemin.  "Il peut allonger la liste de nos grands entraîneurs après Capello, Sacchi et (Carlo) Ancelotti, il a toutes les qualités techniques et humaines pour les grands succès", se frotte déjà les mains Silvio Berlusconi, le propriétaire du club, qui l'a doté d'un effectif en or.

"J'ai eu de la chance d'arriver au Milan justement l'année des grands investissements", avoue Allegri, modeste. Il est vrai que le patron du Milan AC a ouvert les cordons de la bourse à des moments clés, offrant Ibra et Robinho à son entraîneur dans les derniers jours du mercato, et renforçant l'effectif décimé à l'hiver avec les arrivées d'Antonio Cassano, en rupture de banc à la Sampdoria Gênes, Mark van Bommel ou Urby Emanuelson. Mais il faut déjà un certain talent pour parvenir à faire cohabiter tout ce beau monde. "Des fois il y avait tellement de champions sur le banc qu'on aurait pu remplir une pièce", sourit-il. Mais le turnover a fonctionné sans froisser les égos, notamment au milieu de terrain où les forts caractères ne manquaient pas (Van Bommel, Ambrosini, Gattuso, Flamini, Seedorf et Boateng). "En pratique, c'est moi qui me suis mis à la disposition des joueurs, explique Allegri. J'ai cherché à les comprendre un par un, en restant moi-même, sans mentir". Et il a également su imposer ses choix, comme celui de laisser partir Ronaldinho, inutile à ses yeux.

"L’année prochaine, la C1 sera l’objectif le plus important"

Comme Arrigo Sacchi ou Fabio Capello, Massimiliano Allegri a remporté le titre dès sa première année sur le banc du Milan AC. Avant la C1 ? - 2 Mais Allegri ne saurait être réduit à un animateur dans une classe de surdoués. Il a su bâtir une identité à ce groupe et lui insuffler un collectif solide à défaut d’être spectaculaire. Le novice a imposé son système, basé sur "les efforts de chacun". Et on a pu en voir les effets lorsque, au cœur de l’hiver, l’avalanche de blessures n’a pas freiné la dynamique milanaise. Pirlo, Nesta, Inzaghi, Boateng, Ambrosini et Pato, son meilleur buteur avec Ibrahimovic (14 buts), sont tous tombés entre novembre et mars sans que l’équipe n’en pâtisse. L’édifice est resté debout, même lorsqu‘Ibra a connu une grosse baisse de forme. Au final, le Milan AC a malgré tout pu afficher la meilleure attaque (61 buts) et la meilleure défense (23 buts) de Serie A. "Il nous a inculqué la mentalité de presser et marquer à partir des attaquants, cela n'arrivait pas l'an dernier", explique Thiago Silva.

S’il veut suivre les traces de ses glorieux prédécesseurs, Allegri sait parfaitement ce qu'il lui reste à faire. A court terme, c’est la quête d'un premier doublé pour le Milan, avec sa demi-finale de Coupe d'Italie à Palerme, mardi (2-2 à l'aller). Rocco, Sacchi, Capello et Zaccheroni ne l'ont jamais fait, eux. Mais il voit plus loin. "Cette équipe est prête à confirmer tout le bien qu'elle a montré dans ce championnat, et à faire beaucoup mieux, bien sûr, en Europe. L'année prochaine, la Ligue des champions sera l'objectif le plus important", annonce l'ancien milieu de terrain. Sacchi (C1 en 1989, 90) et Capello (1994) y étaient parvenus. Et les Rossoneri rêvent d’une huitième Ligue des Champions. Berlusconi de sa sixième, ce qui lui permettrait de rejoindre Santiago Bernabeu, le président du Real Madrid, qui a remporté six Coupes des champions (1956-60, 1966), et de renouveler ses envies de stade à son nom. Mais, ces quatre dernières années, Milan est tombé trois fois en 8e de finale et n’était même pas qualifié en 2008-2009...

Au moins un renfort par ligne ?

Pour franchir ce cap, Allegri devrait encore avoir les moyens de ses ambitions. "Le président nous fera quelques cadeaux", a-t-il déjà fait savoir. Alors qu’Ibrahimovic a déjà fait savoir qu’il resterait, la presse italienne annonce pas moins d’un renfort par ligne pour compléter ce qu’elle appelle la "génération Allegri". En défense, l’après-Nesta a déjà été préparé par l’arrivée de Philippe Mexès qui devrait associé à Thiago Silva. Taye Taiwo a suivi. Au milieu, Milan courtise activement le prodige du Santos, Ganso, qui pourrait coûter très cher (entre 30 et 50 millions d'euros). Devant, l’attaque est déjà bien fournie avec Ibra, Pato (14 buts, comme le Suédois) et Robinho mais il se murmure que Berlusconi rêve d’ajouter un autre grand nom. Celui-ci ne sera sans doute pas Cristiano Ronaldo, un temps évoqué. "Je pense que ce sera très difficile, le Real tient à le garder", a admis le président. Une chose est sûre, le Milan AC est de bien de retour aux affaires.

A.P. / Eurosport
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